Sélectionner une page

LA FRANCE DISCRÉDITÉE PAR SON SILENCE SUR LES CRIMES DE DRAMANE OUATTARA

par | Déc 7, 2020 | 3ème mandat de Alassane Ouattara, Afrique, Côte d'Ivoire, Politique | 0 commentaires

 Début juillet 2020, Yodé et Siro mettaient sur le marché du disque un album intitulé “Héritage” dont le titre-phare “Président, on dit quoi ?” veut attirer l’attention sur le fait que “le pays a besoin de tous ses enfants pour la vraie réconciliation, qu’on ne se réconcilie pas en mettant les gens en prison et qu’il faut se méfier d’un peuple qui ne parle plus”.

 Depuis ce temps-là, tout le monde savait que les deux monstres du Zouglou étaient dans le collimateur de Ouattara et de ses suiveurs allergiques à la moindre critique et qu’ils pouvaient être arrêtés à tout moment.

 Les Ivoiriens ne sont donc pas surpris qu’ils aient été inculpés pour “outrage à magistrat et diffusion d’informations mensongères à relent racial et tribal”.

 Ce qui surprend, en revanche, c’est le silence de la France et des autres pays occidentaux qui se vantent d’être de grandes démocraties et qui, hier, défendaient férocement Ouattara accusé de fraude sur la nationalité ivoirienne. Ce silence est une honte comme le colonialisme à propos duquel Jean-Paul Sartre en visite à Alger en 1956 déclarait : “Le colonialisme est notre honte, il se moque de nos lois ou les caricature ; il nous infecte de son racisme…; il tente de se défendre en suscitant un fascisme jusque chez nous, en France. Notre rôle, c’est de l’aider à mourir. Non seulement en Algérie, mais partout où il existe.” Ce qui surprend, c’est aussi le fait que Macron, Le Drian, les intellectuels, medias et guides religieux français se soient émus de la décapitation de l’enseignant Samuel Paty mais qu’ils se montrent indifférents à celle de l’Ivoirien Toussaint Koffi N’Guessan par des miliciens proches de Ouattara.

 Ce qui surprend, c’est enfin la dénonciation du troisième mandat d’Alpha Condé et la justification de celui de Ouattara par le gouvernement français comme s’il y avait, d’un côté, les bons violeurs de la Constitution et les mauvais violeurs, de l’autre.

Comment peut-on être contre et pour une chose en même temps ? Comment peut-on se revendiquer de l’humanisme et refuser de reconnaître l’humanité des Africains ? La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à Paris le 10 décembre 1948, ne concernerait-elle que les Blancs ? Devant un tel deux poids, deux mesures, devant une indignation aussi sélective, on ne peut que donner raison à Sartre qui écrivait ceci : “Notre humanisme n’était qu’une idéologie menteuse, l’exquise justification du pillage ; ses tendresses et sa préciosité cautionnaient nos agressions. Il s’agit d’un humanisme raciste puisque l’Européen n’a pu se faire homme qu’en fabriquant des esclaves et des monstres. Nous sommes les ennemis du genre humain.” (cf. sa préface à ‘Les Damnés de la Terre’ de Frantz Fanon).

 

Jean-Claude Djereke

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

Vous vous êtes enregistré avec succès

Share This